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Spécialité EPPCS · Session 2025

EPPCS Bac 2025 Centres étrangers groupe 1 Jour 1 : sujet officiel et corrigé détaillé

Dissertation sur les formes de pratique capables de réengager les publics qui se désintéressent de l’activité physique et sportive, puis deux études documentaires : promouvoir l’amitié au sein de l’établissement et développer la pratique physique et sportive féminine.

Le sujet en un coup d’œil

3 h 30durée
10 ptsdissertation
10 ptsétude de documents
2 choixen partie 2
Important : le PDF est le sujet officiel de la session 2025. Le texte proposé ci-dessous est une proposition pédagogique originale, construite à partir du sujet, du programme et de ressources de référence ; elle n’a pas été publiée par le ministère.

Première partie — Dissertation corrigée

En quoi certaines formes de pratique peuvent-elles susciter l’engagement dans l’activité physique et sportive des publics qui s’en désintéressent ?

1. Bien comprendre « formes de pratique »

Le sujet ne demande pas simplement de démontrer que « le sport est bon pour la santé ». Il faut montrer comment la manière d’organiser la pratique peut répondre aux raisons du désengagement.

contraintes→forme plus accessible→expérience positive→envie de recommencer→engagement durable

Une « forme de pratique » peut varier par le lieu, la durée, le niveau de compétition, le degré d’autonomie, la composition du groupe, l’usage du numérique, les règles, l’intensité ou l’objectif recherché.

2. Pourquoi certains publics se désintéressent-ils ?

Des contraintes concrètes

Manque de temps, coût, transport, horaires, éloignement des équipements, difficulté à s’inscrire régulièrement.

Une expérience peu motivante

Activité choisie trop tôt, répétition, ambiance insatisfaisante, sentiment de ne pas être au niveau, pression de la compétition.

Une offre mal adaptée

Débutants, seniors, personnes malades ou handicapées, adolescents éloignés du sport ou adultes très sédentaires n’ont pas les mêmes attentes ni les mêmes besoins.

3. Problématique possible

Comment la diversification des lieux, des règles, des niveaux d’encadrement et des finalités de la pratique peut-elle lever les freins matériels, psychologiques et sociaux qui éloignent certains publics du sport, et transformer une première expérience accessible et plaisante en engagement durable ?

4. Plan conseillé

PartieIdée directriceFormes de pratique
ILes formes souples, proches et autonomes réduisent les contraintes d’accès.Marche, activités de proximité, domicile, plein air, formats courts, pratique libre, outils numériques.
IILes formes ludiques, sociales et peu compétitives peuvent reconstruire plaisir et sentiment d’appartenance.Loisir, coopération, sport partagé, activités familiales, défis collectifs, sports urbains, formats réduits.
IIILes formes adaptées et personnalisées sécurisent la reprise des publics les plus éloignés.Sport-santé, activité physique adaptée, groupes débutants, progression individualisée, accompagnement vers l’autonomie.

5. Corrigé développé

I. Rendre la pratique plus souple et plus proche peut lever les premiers obstacles

Le modèle classique du club avec entraînements fixes, licence annuelle et compétition convient à de nombreux sportifs, mais il ne répond pas à toutes les situations. Une personne disposant de peu de temps, de moyens ou de possibilités de transport peut abandonner non parce qu’elle rejette toute activité physique, mais parce que l’organisation proposée ne s’intègre plus dans sa vie.

Les formes autonomes et de proximité réduisent ce coût d’entrée. Marcher, courir, faire du vélo, utiliser un parcours extérieur ou pratiquer un renforcement simple à domicile permet de choisir son moment et sa durée. Pour un adulte très contraint, trois courtes périodes d’activité dans la semaine peuvent paraître plus réalisables qu’un entraînement de deux heures à horaire fixe.

Les formats courts ou réduits peuvent produire le même effet. Basket 3x3, football à effectif réduit, circuit training, danse courte ou petits défis nécessitent moins de temps, moins de joueurs et parfois moins d’infrastructures. Ils permettent de jouer plus vite et de réduire les temps d’attente qui découragent certains débutants.

Le numérique peut également faciliter l’entrée dans la pratique : vidéo guidée, application simple, réservation souple ou suivi d’objectifs. Mais il ne constitue pas une solution en soi. Une application trop complexe, culpabilisante ou centrée uniquement sur les performances peut au contraire renforcer le décrochage.

Idée clé : pour certains publics, le premier moteur de l’engagement n’est pas une discipline nouvelle mais une organisation compatible avec leur quotidien.

II. Plaisir, relations et faible pression compétitive peuvent redonner envie de pratiquer

Le désintérêt naît parfois d’une expérience sportive vécue comme une succession d’évaluations, de comparaisons ou d’échecs. Les formes de loisir peuvent modifier cette perception en donnant davantage de place au plaisir, au choix et à la réussite personnelle.

Les activités coopératives constituent un levier particulièrement intéressant. Un défi où le résultat dépend de l’ensemble du groupe réduit la logique de sélection et permet à des pratiquants de niveaux différents de contribuer. Cette organisation peut renforcer le sentiment d’appartenance, très important pour continuer à venir.

Les pratiques familiales ou entre amis jouent un rôle comparable. Une randonnée, un groupe de marche, un tournoi loisir ou une activité de pleine nature permettent de pratiquer tout en recherchant relation sociale, détente et découverte plutôt que classement. Chez un public qui ne s’identifie pas comme « sportif », ce changement de finalité peut être décisif.

Les sports urbains et les pratiques en accès libre peuvent également attirer des publics qui se reconnaissent moins dans l’institution sportive traditionnelle. Ils offrent souvent davantage d’autonomie, une culture moins formelle et une entrée par le groupe de pairs. L’enjeu est ensuite de garantir sécurité, respect des espaces et possibilité de progression.

Nuance : supprimer toute compétition n’est pas nécessaire. Certains publics sont au contraire motivés par le défi. Il faut donc proposer plusieurs portes d’entrée et permettre à chacun d’évoluer d’une pratique de loisir vers une pratique plus compétitive s’il le souhaite.

III. Les publics les plus éloignés ont souvent besoin d’une pratique adaptée et d’un accompagnement progressif

Pour une personne atteinte de maladie chronique, très déconditionnée, âgée, en situation de handicap ou ayant connu une longue période d’inactivité, une pratique autonome immédiate peut être intimidante ou inadaptée. Les formes sport-santé et l’activité physique adaptée répondent précisément à cette situation.

Le principe est de partir du niveau réel, des besoins et surtout des préférences. Un bilan simple permet de choisir une activité et une intensité réalistes, puis d’augmenter progressivement la durée, la fréquence ou la difficulté. Le progrès ressenti devient lui-même un facteur de motivation.

Les Maisons Sport-Santé illustrent cette logique : accueil, évaluation, programme encadré, puis orientation vers une structure sportive ou une pratique autonome lorsque la situation le permet. L’objectif n’est donc pas de maintenir indéfiniment la personne dans un dispositif spécifique mais de construire un parcours.

Cette personnalisation vaut aussi pour les adolescents éloignés du sport. Un groupe débutant, un droit à l’essai, la possibilité de choisir l’activité et une évaluation fondée sur le progrès peuvent éviter qu’un faible niveau initial soit vécu comme la preuve que « le sport n’est pas pour moi ».

Condition de réussite : la nouveauté attire parfois au début, mais l’engagement ne devient durable que si la pratique reste accessible, sécurisée, gratifiante et compatible avec la vie de la personne.

6. Tableau de synthèse : un frein, une forme de pratique

FreinForme de pratique pertinenteMécanisme
Manque de tempsFormats courts, pratique autonome, proximitéRéduit le coût d’organisation
Peur du jugementGroupe débutant, loisir, progression personnelleRéduit la comparaison sociale
LassitudeMulti-activités, pratiques de nature ou urbainesRenouvelle les expériences
IsolementGroupe de marche, sport collectif aménagé, pratique familialeCrée du lien social
Problème de santé ou déconditionnementSport-santé / activité physique adaptéeSécurise et personnalise la reprise
Rejet de la compétitionLoisir, coopération, défis sans classementRedonne une finalité centrée sur plaisir et bien-être

7. Exemple d’introduction rédigée

Les personnes qui se désintéressent de l’activité physique ne forment pas un groupe homogène. Certaines manquent de temps ou de moyens, d’autres ont vécu une expérience sportive négative, ne se sentent pas au niveau ou ne se reconnaissent pas dans la compétition. Dès lors, proposer simplement davantage de sport ne suffit pas : il faut aussi interroger la manière dont la pratique est organisée. En quoi certaines formes de pratique peuvent-elles alors susciter un nouvel engagement ? Nous montrerons d’abord que des formes plus souples et proches réduisent les contraintes d’accès, puis que des pratiques ludiques et sociales peuvent reconstruire le plaisir, avant d’expliquer pourquoi l’adaptation et l’accompagnement progressif sont indispensables pour certains publics.

8. Exemple de conclusion rédigée

Certaines formes de pratique peuvent donc réengager des publics éloignés du sport parce qu’elles répondent directement aux causes de leur désintérêt. Une pratique courte, autonome ou proche lève des contraintes matérielles ; une pratique ludique, coopérative ou de loisir redonne plaisir et relations sociales ; une pratique adaptée sécurise les personnes qui ont besoin d’un accompagnement. Mais aucune forme n’est universellement efficace. L’enjeu est de proposer plusieurs portes d’entrée, puis de permettre au pratiquant de choisir, progresser et éventuellement évoluer vers une autre forme de pratique. L’engagement durable naît moins de l’activité elle-même que de l’adéquation entre la personne, ses motivations et les conditions concrètes de pratique.

9. Repère actuel

La Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030 reprend précisément cette logique de diversification : activités gratuites, équipements plus accessibles, accompagnement de proximité, programmes adaptés et actions spécifiques pour les collégiens et lycéens éloignés du sport, les étudiants, les salariés, les seniors et les personnes atteintes de maladies chroniques.

10. Erreurs à éviter

Répondre seulement par les bienfaits du sport

Le sujet porte sur les formes de pratique capables de provoquer l’engagement, pas sur une liste d’effets sanitaires.

Supposer qu’un public se désintéresse « par manque de volonté »

Les contraintes d’accès, les expériences passées, le sentiment de compétence et l’offre disponible comptent fortement.

Présenter une forme comme parfaite pour tous

Une pratique autonome peut libérer certains publics et en insécuriser d’autres ; l’adaptation au profil est centrale.

Confondre nouveauté et engagement durable

Une activité originale attire ponctuellement ; la fidélisation exige accessibilité, plaisir, progression et continuité.

Deuxième partie — Sujet 1 : promouvoir l’amitié au sein de l’établissement

L’amitié est une des valeurs de l’Olympisme.

En vous appuyant sur les deux documents présentés, sur vos expériences et sur vos connaissances, vous présenterez et justifierez deux propositions concrètes destinées à promouvoir cette valeur au sein de votre établissement.

1. Ce que signifie l’amitié dans l’Olympisme

Le document 1 ne réduit pas l’amitié à « être avec ses copains ». Elle consiste à surmonter les différences, comprendre l’autre, coopérer, encourager, négocier, soutenir et vivre une compétition pacifique.

Elle peut donc exister entre coéquipiers, mais aussi entre adversaires. Une action réussie doit créer de vraies occasions d’interaction avec des personnes que l’élève ne fréquente pas habituellement.

2. Exploiter les documents

DocumentIdée essentielleConséquence pour l’action
1 — valeur d’amitiéSurmonter les barrières, célébrer les similitudes, développer solidarité, paix, compréhension, partage et négociation.Créer des groupes qui brassent réellement les élèves et des tâches qui nécessitent coopération et écoute.
2 — emblèmes Paris 2024Paris 2024 a choisi, pour la première fois dans l’histoire des Jeux, un emblème commun aux Jeux Olympiques et Paralympiques, différencié seulement par les anneaux et les Agitos.Utiliser la logique d’une identité commune pour rapprocher des publics différents au lieu de juxtaposer deux événements séparés.

3. Proposition 1 — Challenge interclasses « Gagner ensemble »

Principe : constituer des équipes avec des élèves de classes, niveaux ou groupes différents, de sorte qu’une équipe ne soit pas simplement la reproduction d’un groupe d’amis déjà constitué.

Épreuves : relais coopératif, parcours d’orientation, défi d’adresse, activité collective aménagée et une épreuve où le résultat dépend de la progression de tous les membres. Certains défis peuvent être adaptés afin que des élèves ayant des capacités différentes contribuent réellement au score.

Barème : une partie des points récompense la performance, mais une autre valorise l’encouragement, la répartition des rôles, le respect des adversaires et la capacité à aider un coéquipier en difficulté.

Justification : le document 1 insiste sur le fait que l’amitié permet de dépasser les différences visibles et qu’elle se construit aussi dans l’effort partagé. Si chaque équipe est composée uniquement d’amis proches, l’action ne crée presque aucune nouvelle relation.

Rôle des adversaires : à la fin de chaque rencontre, les deux équipes identifient un comportement positif observé chez l’adversaire. Cela donne une traduction concrète à l’idée d’apprécier les efforts accomplis ensemble.

Indicateurs : nombre de classes mélangées, qualité des interactions, nouveaux contacts déclarés et capacité des élèves à citer un comportement de solidarité observé.

4. Proposition 2 — Semaine olympique-paralympique « Une identité commune, deux expériences »

Principe : s’inspirer du document 2 et du choix de Paris 2024 d’un emblème commun aux Jeux Olympiques et Paralympiques. Pendant une semaine, les élèves participent à des ateliers olympiques et à des pratiques adaptées ou paralympiques dans un même projet, avec la même communication et le même classement collectif.

Organisation : chaque groupe alterne pratique, arbitrage, aide à l’organisation et temps d’échange. Des activités comme boccia, parcours guidé, basket fauteuil si le matériel existe, ou défis à règles adaptées permettent de réfléchir concrètement aux différences de capacités.

Pourquoi cela promeut l’amitié : l’objectif n’est pas de « simuler un handicap » de manière spectaculaire, mais de construire une activité dans laquelle les différences obligent les participants à communiquer, négocier les règles, s’entraider et reconnaître les compétences de chacun.

Symbole du document 2 : l’emblème commun de Paris 2024 représentait une vision et une ambition partagées entre Jeux Olympiques et Paralympiques. L’établissement peut reprendre cette logique en créant une identité commune pour la semaine plutôt que deux événements séparés.

Prolongement : les élèves rédigent une courte « charte de l’amitié sportive » fondée sur des comportements observables : encourager, accueillir un nouveau, écouter, négocier sans humilier, reconnaître l’effort de l’adversaire.

5. Proposition complémentaire — Parrainage sportif entre classes

Une classe ou un groupe plus expérimenté accompagne un autre groupe lors de plusieurs séances : découverte d’une activité, arbitrage, organisation puis rencontre finale. Les binômes changent afin d’éviter que seuls les élèves déjà proches coopèrent. Cette action prolonge l’amitié au-delà d’une journée unique et permet de construire une relation dans le temps.

6. Exemple de réponse rédigée

Une première proposition serait un challenge interclasses dans lequel les équipes seraient composées d’élèves qui ne se connaissent pas forcément. Le document 1 montre que l’amitié olympique consiste à dépasser les différences, à partager et à négocier. Les défis seraient donc coopératifs et le score récompenserait à la fois la performance et des comportements comme l’encouragement ou l’aide apportée à un coéquipier. Après chaque rencontre, les adversaires devraient aussi relever une qualité de l’autre équipe afin de montrer que l’amitié peut exister au-delà du groupe auquel on appartient.

Une deuxième proposition serait une semaine commune olympique et paralympique. Le document 2 présente les emblèmes de Paris 2024 ; pour la première fois, les deux Jeux ont partagé le même emblème, ce qui traduisait une vision commune. Dans l’établissement, les élèves pourraient donc participer au même projet en alternant activités olympiques, activités adaptées, arbitrage et organisation. Les règles seraient aménagées afin que chacun puisse contribuer. Cette expérience permettrait de mieux comprendre les différences et de développer solidarité, communication et respect.

7. Erreurs à éviter

Organiser un tournoi entre groupes déjà constitués

Cela peut renforcer la cohésion interne sans créer d’amitié nouvelle entre publics différents.

Confondre amitié et absence de compétition

Le document 1 montre qu’amitié et confrontation sportive sont compatibles si respect et reconnaissance de l’autre restent présents.

Faire une sensibilisation uniquement théorique

La valeur doit être vécue dans des situations nécessitant réellement coopération, communication et négociation.

Réduire le Paralympisme à une animation ponctuelle

L’objectif est de reconnaître les compétences et de construire une pratique commune, pas de produire un simple effet de curiosité.

Deuxième partie — Sujet 2 : promouvoir la pratique physique et sportive féminine

En vous appuyant sur vos expériences personnelles, sur vos connaissances et sur les documents, vous présenterez et justifierez au moins deux propositions concrètes pour promouvoir la pratique physique et sportive féminine.

1. Les documents montrent que les freins changent avec l’âge

Chez les adolescentes, le document 1 cite lassitude, activité devenue trop exigeante, manque de temps, transport, ambiance, manque d’offre et créneaux peu attrayants. Vers 25-30 ans, le manque de temps peut être renforcé par l’entrée dans la vie professionnelle et la constitution d’une famille.

La réponse ne peut donc pas être une campagne unique disant « faites du sport ». Il faut modifier l’offre et l’organisation de la pratique.

2. Exploitation précise du graphique

Format de pratiqueFemmesHommesLecture
Pratique encadrée53 %44 %Les femmes pratiquantes recourent fortement à l’encadrement.
Pratique en club35 %32 %Dans ce graphique, l’entrée en club n’est pas inférieure chez les femmes.
Pratique licenciée18 %30 %L’écart devient important au niveau de l’affiliation institutionnelle : -12 points.
Tournoi ou compétition16 %31 %L’écart est encore plus fort dans l’engagement compétitif : -15 points.

Le document 3 invite donc à éviter une conclusion trop simple : les femmes ne sont pas absentes des pratiques encadrées ou des clubs. Le principal décrochage apparaît ici dans le passage vers la licence et la compétition.

3. Proposition 1 — Pour les adolescentes : un parcours multi-activités flexible et sans engagement annuel immédiat

Principe : proposer pendant six à huit semaines plusieurs activités successives : sport collectif aménagé, danse, musculation encadrée, activité de raquette, course/marche ou pratique de plein air. L’inscription se fait pour le cycle, sans exiger immédiatement un engagement sur toute l’année.

Justification : le document 1 indique que certaines filles abandonnent parce que l’activité choisie quelques années plus tôt ne leur plaît plus, parce qu’elle est devenue trop exigeante ou parce que l’ambiance ne convient pas. Une offre multi-activités permet de rechercher une nouvelle motivation au lieu de considérer l’abandon d’une discipline comme un abandon du sport.

Organisation : créneaux accessibles après les cours, prêt de matériel, niveau débutant clairement affiché et possibilité de venir avec une amie lors des premières séances. Lorsque le transport constitue un frein, le projet gagne à être organisé directement dans ou près de l’établissement.

Évaluation : à la fin du cycle, chaque participante identifie l’activité qu’elle souhaite poursuivre et reçoit une proposition concrète de créneau en association sportive ou club local.

Objectif : transformer « je n’aime plus mon sport » en « je cherche une autre manière de pratiquer ».

4. Proposition 2 — Pour les jeunes adultes : une offre réellement compatible avec la contrainte de temps

Principe : proposer des formats de 30 à 45 minutes, plusieurs horaires dans la semaine et des possibilités de pratique à proximité du domicile ou du travail. Lorsque le public le nécessite, certaines séances peuvent être organisées en formule parent-enfant ou avec une solution locale facilitant la garde.

Justification : le document 1 souligne le cumul de l’entrée dans la vie professionnelle et des responsabilités familiales vers 25-30 ans, ainsi que le temps encore plus important consacré en moyenne par les femmes aux tâches ménagères et parentales.

Pourquoi le format compte : demander à une personne qui manque de temps de participer à deux séances fixes de deux heures ne répond pas au problème. Une pratique courte, régulière et proche peut être plus réaliste et donc plus durable.

Contenus : renforcement, marche active, circuit, danse, activités de bien-être ou sports de raquette selon les demandes locales. L’important est le choix et non l’existence d’une activité supposée « féminine ».

5. Proposition 3 — Visibilité régulière + passerelle vers licence et compétition

Principe : associer une communication permanente sur les sportives à un parcours concret permettant d’essayer la licence ou la compétition sans pression excessive.

Justification par le document 2 : les « 24 heures du sport féminin » montrent que les médias peuvent volontairement augmenter la visibilité des sportives grâce à émissions, reportages et interviews. Dans un établissement ou une collectivité, la même logique peut devenir régulière : résultats, portraits, analyses, rencontres avec des sportives, arbitres ou entraîneures locales.

Justification par le document 3 : alors que 53 % des pratiquantes ont une pratique encadrée et 35 % une pratique en club, seules 18 % ont une pratique licenciée et 16 % participent à un tournoi ou une compétition. Un club peut donc proposer une « première licence » accompagnée, un tournoi débutant, une compétition par équipes ou une rencontre sans classement avant l’entrée dans un circuit officiel.

Condition essentielle : valoriser la compétence sportive et non l’apparence. La médiatisation n’a d’effet positif que si elle montre les performances, les parcours et la diversité réelle des pratiquantes.

6. Repère actuel

Les données nationales récentes montrent un rapprochement des taux globaux : avant les Jeux de 2024, l’INJEP mesurait une pratique régulière chez 56 % des femmes contre 60 % des hommes. En 2024, 68 % des femmes déclaraient au moins une pratique occasionnelle contre 73 % des hommes. L’enjeu se déplace donc de plus en plus vers la régularité, les disciplines choisies, la licence, la compétition, l’encadrement et les responsabilités.

7. Exemple de réponse rédigée

Une première proposition serait un parcours multi-activités de plusieurs semaines destiné aux adolescentes. Le document 1 explique que certaines abandonnent parce qu’elles se lassent de leur activité, la trouvent trop exigeante, manquent de temps ou sont insatisfaites de l’ambiance. Au lieu de leur demander de reprendre exactement la même discipline, le parcours leur ferait essayer plusieurs pratiques avec un niveau débutant, du matériel prêté et des horaires après les cours. À la fin du cycle, chacune pourrait choisir l’activité qu’elle souhaite poursuivre.

Une deuxième proposition serait d’associer une meilleure visibilité du sport féminin à une passerelle vers la licence et la compétition. Le document 2 montre que les médias peuvent se mobiliser pour rendre les sportives plus visibles. Le document 3 indique surtout que, parmi les pratiquants étudiés, 53 % des femmes ont une pratique encadrée contre 44 % des hommes, mais seulement 18 % une pratique licenciée contre 30 % des hommes et 16 % participent à un tournoi ou une compétition contre 31 %. Un club pourrait donc proposer des portraits réguliers de sportives locales, puis une première licence accompagnée et un tournoi débutant par équipes afin de réduire la difficulté d’entrée dans la compétition.

8. Erreurs à éviter

Dire que les femmes ne pratiquent pas parce qu’elles n’aiment pas le sport

Le document 1 décrit des contraintes concrètes et le document 3 montre une forte pratique encadrée.

Créer une offre fondée sur des stéréotypes

Le choix doit partir des envies réelles du public et non d’activités supposées naturellement féminines.

Faire uniquement une campagne médiatique

La visibilité doit conduire vers une offre accessible, des créneaux et une possibilité concrète de poursuivre.

Forcer l’entrée en compétition

L’objectif est d’ouvrir cette possibilité à celles qui la souhaitent, pas d’en faire la seule forme légitime de pratique.

Grille de relecture

Grille pédagogique non officielle.

À vérifierOuiÀ reprendre
Ai-je expliqué ce qu’est une « forme de pratique » et pas seulement cité des sports ?□□
Ai-je relié chaque forme de pratique à un frein précis au désengagement ?□□
Ma dissertation distingue-t-elle accessibilité, plaisir/socialisation et adaptation ?□□
Dans le sujet amitié, mes actions créent-elles des interactions entre élèves qui ne se fréquentent pas déjà ?□□
Ai-je utilisé le sens olympique de l’amitié et le symbole commun des Jeux 2024 ?□□
Dans le sujet femmes, ai-je utilisé les quatre valeurs 53/44, 35/32, 18/30 et 16/31 ?□□
Mes propositions répondent-elles aux freins différents de l’adolescence et de l’âge adulte ?□□

Notions à maîtriser

engagementdésengagementformes de pratiquepratique autonomesport-santéplaisirsocialisation amitiéOlympismesolidaritécoopérationParalympisme sport fémininlicencecompétitionmédiatisationstéréotypes

Questions fréquentes

Une pratique autonome est-elle toujours plus attractive pour un public éloigné du sport ?

Non. Elle peut réduire les contraintes pour certaines personnes, mais d’autres ont besoin d’un encadrement rassurant et progressif. La forme doit correspondre au frein rencontré.

L’amitié olympique implique-t-elle de supprimer la compétition ?

Non. L’amitié peut exister entre adversaires lorsque la confrontation respecte les règles, reconnaît l’effort de l’autre et reste compatible avec solidarité et compréhension mutuelle.

Pourquoi le graphique du sujet féminin est-il intéressant ?

Parce qu’il montre que l’écart femmes-hommes n’est pas identique selon la forme de pratique : la pratique encadrée et en club est forte chez les femmes, tandis que l’écart devient beaucoup plus important pour la licence et la compétition.

Sources utilisées pour approfondir le corrigé

À retenir : ce sujet relie trois dimensions de l’engagement sportif. Les publics éloignés reviennent plus facilement lorsque l’organisation répond à leurs contraintes et à leurs motivations ; l’amitié olympique devient concrète lorsque la pratique fait réellement rencontrer et coopérer des personnes différentes ; la pratique féminine progresse lorsque l’on agit à la fois sur l’offre, le temps disponible, la visibilité et les passerelles vers une pratique durable.