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Spécialité EPPCS · Session de remplacement 2025

EPPCS Bac 2025 Métropole remplacement Jour 2 : sujet officiel et corrigé détaillé

Dissertation sur la capacité des Jeux Olympiques et Paralympiques à répondre aux enjeux actuels du sport et de la société, puis deux études documentaires : développer les activités des associations sportives et inciter davantage les femmes à pratiquer.

Le sujet en un coup d’œil

3 h 30durée
10 ptsdissertation
10 ptsétude de documents
2 choixen partie 2
Important : le PDF est le sujet officiel de la session 2025. Le texte proposé ci-dessous est une proposition pédagogique originale, construite à partir du sujet, du programme et de ressources de référence ; elle n’a pas été publiée par le ministère.

Première partie — Dissertation corrigée

Lors de son discours de clôture des JO le 11 août 2024, Thomas Bach, président du CIO, a dit : « Ce furent des Jeux Olympiques d'une nouvelle ère ».

Les Jeux Olympiques et Paralympiques répondent-ils à certains enjeux actuels du monde sportif et sociétal ?

1. Ce que signifie « une nouvelle ère »

La citation ne signifie pas que Paris 2024 aurait résolu tous les problèmes du sport et de la société. Elle invite à identifier les transformations du modèle des Jeux : plus inclusif, plus paritaire, plus urbain, plus ouvert à de nouvelles pratiques et plus attentif à son impact environnemental et à son héritage.

Le sujet porte sur des enjeux actuels : égalité, handicap, jeunesse, évolution des pratiques, environnement, accessibilité, participation du public, cohésion, héritage et crédibilité du mouvement sportif.

2. Problématique possible

Dans quelle mesure les Jeux Olympiques et Paralympiques contemporains peuvent-ils adapter le modèle du grand événement sportif aux exigences actuelles d’égalité, d’inclusion, de transformation écologique, de renouvellement des pratiques et de participation sociale, sans pouvoir à eux seuls résoudre les contradictions du sport et de la société ?

3. Plan conseillé

PartieIdée directriceEnjeux
ILes Jeux répondent de plus en plus aux enjeux d’égalité, d’inclusion et de représentation.Parité femmes-hommes, Paralympisme, handicap, non-discrimination, équipe des réfugiés.
IIIls adaptent aussi le sport aux nouvelles pratiques et aux exigences écologiques et urbaines.Sports jeunes/urbains, ville, sites existants, empreinte carbone, mobilité, participation du public.
IIIIls peuvent renforcer cohésion et pratique sportive, mais seulement si l’héritage prolonge l’événement.Clubs, bénévolat, éducation, santé, accessibilité, paix, limites et contradictions.

4. Corrigé développé

I. Les Jeux cherchent à mieux répondre aux exigences contemporaines d’égalité et d’inclusion

Le premier changement majeur concerne la place des femmes. Le mouvement olympique a longtemps été marqué par une participation féminine très inférieure à celle des hommes. Paris 2024 constitue une rupture symbolique : pour la première fois, le CIO a réparti les quotas d’athlètes à égalité entre femmes et hommes. Cette parité rend visible une nouvelle norme dans laquelle la présence des sportives n’est plus considérée comme secondaire.

Les Jeux Paralympiques répondent à un autre enjeu sociétal : la place des personnes en situation de handicap. La visibilité des para-athlètes contribue à déplacer le regard des limitations vers les performances et pousse les territoires à améliorer accessibilité, transports, équipements et offre de pratique. L’héritage n’est cependant réel que si ces transformations continuent après l’événement.

Le mouvement olympique cherche également à affirmer la non-discrimination et la solidarité. L’équipe olympique des réfugiés offre par exemple une représentation à des athlètes qui ne peuvent concourir pour leur pays d’origine. De même, les politiques de lutte contre les discriminations et les violences rappellent que le sport doit répondre aux attentes éthiques de la société.

Enfin, les Jeux peuvent servir de scène à un message de paix. À Paris 2024, des athlètes issus de toutes les délégations ont participé à un appel commun pour la paix. Cette fonction est symbolique et ne met évidemment pas fin aux conflits, mais elle rappelle que le sport international peut créer un espace de rencontre entre personnes issues de pays opposés.

Idée clé : les Jeux répondent à certains enjeux actuels lorsqu’ils transforment leurs règles et leur organisation pour représenter davantage la diversité de la société.

II. Paris 2024 illustre une adaptation aux nouvelles pratiques sportives et aux enjeux environnementaux

Le monde sportif évolue. Les jeunes ne pratiquent pas uniquement dans les clubs traditionnels et s’intéressent à des disciplines plus urbaines ou autonomes. Le programme de Paris 2024 a intégré ou valorisé des sports à forte culture jeune tels que le skateboard, le BMX freestyle, l’escalade, le surf et le breaking. Le but est de maintenir les Jeux en lien avec l’évolution réelle des pratiques.

L’organisation s’est également rapprochée de la ville. Des monuments et espaces emblématiques ont servi de sites de compétition, tandis que la cérémonie d’ouverture a été organisée sur la Seine. Le modèle cherche ainsi à sortir le sport du stade fermé et à le rendre plus visible dans l’espace urbain.

L’enjeu environnemental est devenu incontournable. Paris 2024 a largement utilisé des sites existants ou temporaires plutôt que de multiplier les constructions permanentes. Le CIO présente cette édition comme une application complète des réformes de l’Agenda olympique 2020, avec une volonté de réduire fortement l’empreinte carbone par rapport aux modèles antérieurs.

Les premières évaluations publiées après les Jeux indiquent une réduction de l’empreinte carbone de plus de moitié par rapport à la moyenne des éditions de Londres 2012 et Rio 2016. Ce résultat ne signifie pas qu’un grand événement devient neutre pour l’environnement ; il montre que le modèle d’organisation peut évoluer vers davantage de sobriété.

Enfin, Paris 2024 a ouvert davantage l’expérience au grand public. Le Marathon Pour Tous a permis à des amateurs de courir sur un parcours olympique. Ce type d’innovation répond à une attente contemporaine : ne plus seulement regarder le sport, mais pouvoir participer à l’événement.

Idée clé : « nouvelle ère » signifie aussi que les Jeux essaient de s’adapter à la transformation des pratiques, de la ville et des exigences écologiques.

III. Les Jeux peuvent agir sur la société, mais leur réponse n’est crédible que si elle produit un héritage durable

Un grand événement peut donner envie de pratiquer. Les premiers bilans français après Paris 2024 montrent une progression des licences sportives, particulièrement visible chez certains publics comme les femmes. Mais l’effet d’enthousiasme peut disparaître si les clubs manquent de créneaux, d’éducateurs ou de bénévoles. L’enjeu consiste donc à transformer l’émotion de l’été en offre sportive quotidienne.

La mobilisation bénévole constitue précisément un autre héritage possible. Les volontaires apprennent à accueillir, organiser, communiquer et travailler en équipe. Si ces personnes rejoignent ensuite des clubs ou des associations, les Jeux peuvent renforcer la vie sportive locale.

L’école participe également à cette transmission. La Semaine Olympique et Paralympique et les programmes hérités de Génération 2024 utilisent l’événement pour sensibiliser les jeunes à l’activité physique, au handicap, aux valeurs sportives et à la citoyenneté.

Il faut cependant conserver un regard critique. Les Jeux ne suppriment ni les inégalités sociales d’accès au sport, ni les discriminations, ni les violences, ni les problèmes de dopage ou de gouvernance. Ils ne peuvent pas non plus résoudre seuls la crise climatique. Certaines innovations peuvent même produire de nouvelles tensions : coût de l’événement, sécurité, déplacement des populations, consommation de ressources ou pression touristique.

La question n’est donc pas de savoir si les Jeux « règlent » les enjeux actuels, mais s’ils contribuent à y répondre en faisant évoluer les normes et en laissant des dispositifs utiles après l’événement.

Conclusion intermédiaire : les Jeux peuvent être le laboratoire d’un sport plus inclusif, durable et participatif, mais leur valeur sociétale dépend de ce qui survit aux quelques semaines de compétition.

5. Exemple d’introduction rédigée

À la clôture des Jeux de Paris 2024, Thomas Bach les présente comme les « Jeux Olympiques d’une nouvelle ère ». Cette formule renvoie à un modèle qui cherche à se transformer : parité entre femmes et hommes, valorisation du Paralympisme, sports urbains, utilisation d’équipements existants, participation du public et objectifs environnementaux. Ces évolutions interviennent alors que le monde sportif doit répondre aux mêmes grandes questions que la société : égalité, inclusion, écologie, santé, cohésion et transformation des pratiques. Les Jeux Olympiques et Paralympiques répondent-ils réellement à certains de ces enjeux ? Nous montrerons qu’ils contribuent d’abord à faire évoluer les normes d’égalité et d’inclusion, puis qu’ils transforment leur modèle sportif et environnemental, avant d’expliquer que leur impact ne devient durable que si l’héritage prolonge l’événement.

6. Exemple de conclusion rédigée

Les Jeux Olympiques et Paralympiques répondent bien à plusieurs enjeux actuels du sport et de la société. La parité, la visibilité du handicap, l’ouverture à de nouvelles pratiques, la recherche de sobriété et les formes de participation du public montrent une adaptation réelle du modèle. Ils peuvent également soutenir l’activité physique, l’éducation et l’engagement associatif. Mais ils ne résolvent pas à eux seuls les inégalités, les discriminations, les problèmes environnementaux ou les tensions politiques. Leur contribution dépend donc surtout de leur capacité à transformer durablement les pratiques et les institutions. C’est en ce sens que Paris 2024 peut être considéré comme un jalon d’une « nouvelle ère », davantage qu’un aboutissement définitif.

7. Repère actuel pour réviser

Les bilans publiés après Paris 2024 renforcent cette lecture : les Jeux sont présentés comme plus urbains, plus inclusifs et plus durables, avec une empreinte carbone fortement réduite par rapport à des éditions antérieures. Un an après, le ministère relevait également une hausse des licences sportives et la poursuite d’actions d’héritage sur l’accessibilité, les équipements de proximité et la pratique sportive.

8. Erreurs à éviter

Faire une liste de « nouveautés » de Paris 2024

Chaque innovation doit être reliée à un enjeu actuel : égalité, inclusion, environnement, jeunesse ou participation.

Présenter les Jeux comme une solution totale

Ils peuvent contribuer à une transformation mais ne règlent pas seuls les problèmes du sport et de la société.

Oublier les Jeux Paralympiques

Le handicap, l’accessibilité et le changement de regard sont au cœur du sujet.

Confondre événement et héritage

Une innovation n’a de portée sociétale durable que si elle se prolonge après les Jeux.

Deuxième partie — Sujet 1 : développer et accroître les activités des associations sportives

En vous appuyant sur l’analyse des documents présentés, sur vos connaissances et sur votre expérience personnelle, vous présenterez et justifierez au moins deux propositions concrètes destinées à développer et à accroître les activités d’associations sportives.

1. Le document financier montre une transformation du modèle associatif

Ressource20052011Évolution
Commandes publiques17 %25 %+8 points
Subventions publiques34 %24 %-10 points
Participation des usagers32 %36 %+4 points
Dons et mécénat5 %4 %-1 point
Cotisations12 %11 %-1 point

Au total, les financements publics passent de 51 % à 49 % et les financements privés de 49 % à 51 %. Mais l’évolution la plus importante est interne : les subventions diminuent tandis que les commandes publiques et la participation des usagers augmentent.

Une association qui veut se développer a donc intérêt à diversifier ses ressources plutôt qu’à dépendre d’un financeur unique.

2. Les trois documents construisent trois leviers

DocumentLevierCe que l’association peut faire
1 — ressources financièresDiversificationCombiner cotisations, participation aux activités, subventions, appels à projets, mécénat, sponsoring et événements.
2 — bénévolatRessources humainesRecruter pour des missions identifiables : dirigeant, communicant, arbitre, encadrant et autres micro-missions.
3 — semaine olympique et paralympique localeVisibilité et nouveaux publicsOrganiser des activités gratuites de découverte pour attirer pratiquants, partenaires et futurs bénévoles.

3. Proposition 1 — Construire un plan de diversification des ressources autour d’un projet concret

Principe : au lieu de chercher « plus d’argent » de manière générale, l’association définit un projet précis, par exemple ouvrir une section loisirs, acheter du matériel adapté, proposer un créneau jeunes ou organiser une compétition. Elle construit ensuite plusieurs sources de financement complémentaires.

Financement public : demander une subvention lorsque le projet répond à un objectif d’intérêt général et aux priorités d’une collectivité ou d’un organisme public ; répondre également à des appels à projets ou prestations lorsque la structure possède les compétences nécessaires.

Ressources propres : proposer des cotisations raisonnables, des stages, des séances spécifiques ou une participation aux activités. Le document 1 montre que la participation des usagers devient une source plus importante entre 2005 et 2011.

Partenariats privés : rechercher du mécénat ou du sponsoring local : commerçants, entreprises, équipementiers. Le mécénat repose sur un soutien sans contrepartie directe équivalente, tandis que le parrainage/sponsoring recherche une visibilité pour le partenaire.

Événement de soutien : une association peut également organiser dans le respect des règles applicables des manifestations permettant de collecter des ressources et de se faire connaître.

Pourquoi c’est plus solide : si une subvention disparaît, le projet ne s’effondre pas immédiatement. La diversification augmente l’autonomie de l’association.

Indicateurs : nombre de financeurs, part du principal financeur dans le budget, nouvelles recettes créées et coût réel de l’activité développée.

4. Proposition 2 — Créer un véritable parcours d’entrée dans le bénévolat

Principe : transformer le message général « nous cherchons des bénévoles » en plusieurs missions très concrètes, comme dans le document 2 : arbitrer, encadrer, communiquer, diriger, mais aussi accueil, matériel, photos, buvette, transport ou organisation d’un événement.

Étape 1 - définir la mission : durée, fréquence, compétences nécessaires, personne référente et formation proposée. Une mission de deux heures lors d’un événement est plus accessible pour un nouveau bénévole qu’un engagement imprécis « pour toute l’année ».

Étape 2 - recruter : membres, parents, anciens licenciés, étudiants, habitants et plateformes publiques de bénévolat. Le recrutement doit montrer ce que le bénévole va faire et ce qu’il peut apprendre.

Étape 3 - accueillir et former : binôme avec un bénévole expérimenté, fiche de mission, formation fédérale lorsque nécessaire, découverte progressive des responsabilités.

Étape 4 - reconnaître l’engagement : remercier, valoriser les compétences, proposer de nouvelles responsabilités sans imposer une progression.

Justification : les activités associatives sont limitées non seulement par l’argent mais aussi par les personnes disponibles pour encadrer, arbitrer et organiser. Recruter dix nouveaux adhérents sans augmenter les capacités d’encadrement peut même dégrader la qualité du service.

Indicateurs : nouveaux bénévoles, taux de maintien après six mois, nombre de missions couvertes et volume d’activités rendu possible.

5. Proposition 3 — Une semaine sportive gratuite qui devient une porte d’entrée vers l’association

Principe : s’inspirer du document 3 et organiser plusieurs jours d’activités gratuites : initiations, défis olympiques/paralympiques, pratique familiale, démonstrations et rencontres avec les éducateurs.

Mais la journée gratuite n’est que le début : chaque participant repart avec une proposition précise : séance d’essai, pass découverte de quatre semaines, calendrier des entraînements ou contact d’un responsable.

Pour recruter aussi des bénévoles : un stand présente les micro-missions disponibles. Une personne venue comme parent spectateur peut découvrir qu’elle peut aider deux heures par mois à la communication ou à l’accueil.

Pour attirer des partenaires : l’événement permet aux entreprises ou collectivités de voir concrètement l’impact local de l’association : nombre de participants, diversité des publics, accessibilité et animation du territoire.

Effet attendu : une même action crée de la visibilité, recrute des pratiquants, mobilise des bénévoles et facilite les partenariats.

6. Exemple de réponse rédigée

Une première proposition serait de diversifier les ressources financières de l’association autour d’un projet précis. Le document 1 montre qu’entre 2005 et 2011 la part des subventions publiques passe de 34 % à 24 %, alors que les commandes publiques passent de 17 % à 25 % et la participation des usagers de 32 % à 36 %. L’association pourrait donc combiner une subvention, des cotisations ou stages, un partenariat de mécénat et un événement de soutien. Cela réduirait sa dépendance à un seul financement et permettrait de créer de nouvelles activités.

Une deuxième proposition serait de créer un parcours de bénévolat avec des missions courtes et clairement identifiées. Le document 2 montre plusieurs rôles : dirigeant, communicant, arbitre et encadrant. L’association publierait des offres précisant le temps attendu, formerait les nouveaux bénévoles en binôme et valoriserait leurs compétences. En augmentant le nombre de personnes capables d’organiser ou d’encadrer, elle pourrait accueillir davantage de pratiquants et développer son calendrier d’activités.

7. Erreurs à éviter

Dire seulement « demander des subventions »

Le document 1 montre justement que le modèle financier évolue et qu’une diversification est nécessaire.

Confondre adhérents et bénévoles

Un club peut avoir beaucoup de licenciés et manquer de personnes pour organiser ses activités.

Organiser un événement sans conversion

Une initiation gratuite développe réellement l’association seulement si elle conduit vers une séance d’essai, une adhésion ou un engagement bénévole.

Recruter sans accueillir

Une mission vague et sans référent conduit plus facilement au décrochage du nouveau bénévole.

Deuxième partie — Sujet 2 : inciter davantage les femmes à pratiquer

En vous appuyant sur l’analyse des documents présentés, sur vos connaissances et sur votre expérience personnelle, vous présenterez et justifierez au moins deux propositions concrètes destinées à inciter les femmes à pratiquer davantage.

1. Le graphique montre que le problème n’est pas seulement « faire ou ne pas faire du sport »

Forme de pratiqueFemmesHommesÉcart
Pratique encadrée55 %51 %+4 pts femmes
Pratique autonome73 %74 %-1 pt
Club ou association37 %41 %-4 pts
Tournoi ou compétition26 %42 %-16 pts
Compétition officielle / classée20 %34 %-14 pts
Pratique licenciée22 %33 %-11 pts

Les femmes pratiquantes ont presque autant recours à la pratique autonome que les hommes et davantage à la pratique encadrée. Les écarts deviennent beaucoup plus forts dès que l’on entre dans la licence, le club et surtout la compétition.

Une bonne réponse doit donc agir non seulement sur l’entrée en activité, mais aussi sur le passage vers une pratique plus régulière, institutionnelle ou compétitive pour celles qui le souhaitent.

2. Les documents indiquent trois mécanismes

DocumentIdéeLevier
1 — Paris 2024 paritaireLa parité des athlètes donne une visibilité mondiale à des sportives dans toutes sortes de disciplines.Créer des modèles d’identification et rendre la présence des femmes « normale » dans tous les sports.
2 — visibilité médiatiqueLe Tour de France Femmes et l’Euro féminin montrent une progression de la visibilité ; le rappel de propos adressés à Jeannie Longo illustre les stéréotypes historiques.Mieux médiatiser les performances et combattre les jugements sexistes qui portent sur le corps plutôt que sur la compétence.
3 — formes de pratiqueÉcarts faibles dans la pratique autonome, beaucoup plus forts dans la licence et la compétition.Créer des passerelles entre loisir, club, licence et compétition pour les femmes qui veulent aller plus loin.

3. Proposition 1 — Parcours « découverte → club → première compétition »

Public : adolescentes ou femmes qui pratiquent déjà de façon autonome ou encadrée, mais sans être licenciées.

Principe : proposer un parcours de six à huit semaines dans un club : séances débutantes, prêt de matériel, binôme avec une pratiquante du club, puis possibilité d’essayer un tournoi loisir ou une rencontre sans classement avant une éventuelle compétition officielle.

Justification : le document 3 montre que l’écart femmes-hommes est presque nul dans la pratique autonome mais atteint 11 points dans la pratique licenciée, 16 points dans les tournois/compétitions et 14 points dans les compétitions officielles. Le frein apparaît donc notamment au moment d’entrer dans les structures les plus institutionnalisées.

Pourquoi une progression par étapes : une première compétition peut être intimidante si la pratiquante pense qu’il faut déjà être « bonne ». Un format débutant, des règles explicites et un accompagnement réduisent le coût psychologique de l’entrée dans la compétition.

Adaptation pratique : horaires diversifiés, matériel prêté, coût d’essai réduit, informations claires sur les niveaux et possibilité de pratiquer sans obligation de compétition.

Indicateurs : passages séance découverte → adhésion, adhésion → licence, participation à une première rencontre et maintien la saison suivante.

4. Proposition 2 — Rendre les sportives visibles toute l’année, pas seulement pendant les Jeux

Principe : une collectivité, un établissement ou un club publie régulièrement résultats, portraits et contenus sur les sportives locales et les grandes compétitions féminines. Des rencontres sont organisées avec des athlètes, entraîneures, arbitres ou dirigeantes.

Justification : le document 1 montre la puissance symbolique d’une parité au plus grand événement sportif mondial. Le document 2 insiste sur la progression de la visibilité du sport féminin avec le Tour de France Femmes ou l’Euro. Pour produire un effet durable, cette visibilité doit exister entre les grands événements.

Qualité du traitement : les contenus doivent parler de performance, stratégie, préparation et résultats, et non réduire les sportives à l’esthétique ou à la vie privée. L’exemple de Jeannie Longo dans le document 2 rappelle la force historique de ce type de stéréotypes.

Dimension locale : une jeune fille s’identifie parfois plus facilement à une joueuse ou une entraîneure de son territoire qu’à une championne internationale inaccessible.

Effet attendu : augmenter le nombre de modèles féminins visibles, le sentiment de légitimité et la connaissance des lieux où pratiquer.

5. Proposition 3 — Auditer les « petits obstacles » qui peuvent faire décrocher

Principe : interroger les pratiquantes actuelles et celles qui ont arrêté : horaires, transport, coût, ambiance, peur du jugement, vestiaires, niveau des groupes, maternité, absence de créneau débutant ou manque de confiance.

Action : choisir ensuite deux ou trois corrections réalistes : créneau découverte sans engagement, possibilité d’arriver en binôme, horaires alternatifs, prêt de matériel, solution de garde lors d’un événement, groupe de reprise après interruption ou formation des encadrants aux stéréotypes.

Pourquoi c’est important : il n’existe pas un unique « frein des femmes ». Les contraintes changent selon l’âge, la situation familiale, le territoire, le niveau de pratique et la discipline.

6. Repère actuel : les écarts globaux se réduisent, mais cela ne rend pas le sujet dépassé

Les données nationales récentes montrent un rapprochement important de la pratique régulière féminine et masculine. Cela renforce la lecture du document 3 : le principal enjeu se déplace progressivement vers la forme de pratique, la licence, la compétition, les responsabilités et la diversité des disciplines, plutôt que vers une opposition simpliste entre femmes « sportives » et hommes « sportifs ».

7. Exemple de réponse rédigée

Une première proposition serait un parcours permettant de passer progressivement d’une pratique de loisir à une pratique en club. Le document 3 montre que 73 % des femmes pratiquantes ont une pratique autonome, presque autant que les hommes, mais que seulement 22 % ont une pratique licenciée contre 33 % des hommes. L’écart atteint même 16 points pour la participation à des tournois ou compétitions. Le club pourrait donc proposer plusieurs semaines d’essai, un binôme avec une pratiquante expérimentée et une première rencontre loisir avant toute compétition officielle. Cette progression réduirait la peur du jugement et faciliterait l’entrée dans une pratique plus structurée.

Une deuxième proposition serait de rendre les sportives plus visibles toute l’année. Le document 1 montre la force symbolique de la parité aux Jeux de Paris 2024, tandis que le document 2 souligne l’effet de compétitions comme le Tour de France Femmes ou l’Euro féminin. Un établissement ou une collectivité pourrait diffuser régulièrement résultats, portraits et analyses de sportives locales, en mettant en avant leurs performances plutôt que leur apparence. Des rencontres avec des joueuses, entraîneures ou arbitres permettraient également de proposer des modèles de proximité et d’indiquer concrètement où pratiquer.

8. Erreurs à éviter

Dire que les femmes ne veulent pas faire de sport

Le document 3 montre au contraire des taux très proches dans la pratique autonome et une pratique encadrée même plus fréquente chez les femmes.

Proposer uniquement une journée « sport féminin »

La visibilité doit être régulière et reliée à une possibilité concrète de pratiquer ensuite.

Forcer la compétition

La compétition doit devenir accessible à celles qui le souhaitent, mais elle ne constitue pas l’objectif obligatoire de toute pratique.

Supposer un frein unique

Les obstacles diffèrent selon l’âge, le territoire, la discipline et les conditions de vie.

Grille de relecture

Grille pédagogique non officielle.

À vérifierOuiÀ reprendre
Ai-je relié chaque évolution des Jeux à un enjeu actuel précis ?□□
Ai-je traité égalité, inclusion, environnement et transformation des pratiques ?□□
Ai-je nuancé en distinguant contribution des Jeux et résolution complète des problèmes ?□□
Dans le sujet associations, ai-je exploité les évolutions de chaque ressource financière ?□□
Mes actions développent-elles à la fois finances, bénévoles ou pratiquants ?□□
Dans le sujet femmes, ai-je utilisé les écarts précis sur licence et compétition ?□□
Mes propositions donnent-elles une voie concrète vers une pratique durable ?□□

Notions à maîtriser

Paris 2024nouvelle èreparitéParalympismeinclusiondurabilitéhéritage association sportivesubventioncommande publiquecotisationmécénatbénévolat sport fémininvisibilitélicencecompétitionstéréotypes

Questions fréquentes

Dire que les Jeux répondent aux enjeux actuels signifie-t-il qu’ils les ont résolus ?

Non. Le verbe « répondre » peut signifier adapter le modèle, expérimenter des solutions ou rendre un enjeu visible. Les Jeux n’éliminent pas automatiquement les problèmes structurels.

Une association doit-elle remplacer les subventions par des recettes privées ?

Non. Le document montre surtout la nécessité de diversifier. Les subventions restent utiles lorsqu’elles financent un projet d’intérêt général, mais l’association peut les compléter par cotisations, participation, mécénat, événements et autres partenariats.

Pour faire pratiquer davantage les femmes, faut-il créer uniquement des créneaux réservés ?

Non. Ils peuvent parfois faciliter l’entrée en pratique, mais d’autres leviers sont essentiels : horaires, visibilité, ambiance, accès aux clubs, accompagnement vers la licence et possibilité d’entrer progressivement dans la compétition.

Sources utilisées pour approfondir le corrigé

À retenir : le sujet repose sur trois transformations. Les Jeux doivent évoluer pour rester pertinents face aux enjeux d’égalité, d’inclusion et d’environnement ; les associations doivent diversifier ressources, bénévoles et publics pour se développer ; l’augmentation de la pratique féminine dépend désormais autant des conditions d’entrée dans les clubs et la compétition que de la simple découverte d’une activité.