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Spécialité EPPCS · Session 2026

EPPCS Bac 2026 Métropole Jour 1 : sujet officiel et corrigé détaillé

Dissertation sur le paradoxe entre valeurs positives et dérives du sport, puis deux études documentaires : améliorer la condition physique de jeunes sédentaires et de seniors, ou encourager l’engagement des filles dans l’univers sportif à différentes échelles.

Le sujet en un coup d’œil

3 h 30durée
10 ptsdissertation
10 ptsétude de documents
2 choixen partie 2
Important : le PDF est le sujet officiel de la session 2026. Le texte proposé ci-dessous est une proposition pédagogique originale, construite à partir du sujet, du programme et de ressources de référence ; elle n’a pas été publiée par le ministère.

Première partie — Dissertation corrigée

« Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. » — Pierre de Coubertin.

Pourquoi et comment le sport, tout en véhiculant des valeurs positives, peut-il aussi être source de dérives ?

1. Le paradoxe à expliquer

Le sujet n’oppose pas un « bon sport » à un « mauvais sport ». Les mêmes mécanismes peuvent produire des effets opposés selon les règles, la culture du groupe, les enjeux économiques et le comportement des acteurs.

dépassement→persévéranceOUsurentraînement / dopage
compétition→respect / maîtriseOUtriche / violence
appartenance→solidaritéOUexclusion / discrimination

Une bonne dissertation doit donc montrer pourquoi les dérives naissent parfois des qualités mêmes que le sport valorise lorsqu’elles deviennent excessives ou sont détournées.

2. Problématique possible

Comment la recherche de dépassement, de performance, de reconnaissance et d’appartenance peut-elle à la fois produire effort, respect, solidarité et maîtrise de soi, mais aussi, lorsque la victoire ou les intérêts économiques prennent le dessus sur les règles et la protection des personnes, conduire au dopage, à la violence, à la triche, aux discriminations ou aux abus ?

3. Plan conseillé

PartieIdée directriceExemples
ILe sport peut construire des valeurs individuelles et collectives.Persévérance, maîtrise, règles, fair-play, coopération, respect, santé, inclusion, engagement.
IILes logiques de performance, de pouvoir et d’argent peuvent transformer ces qualités en dérives.Dopage, surentraînement, violences, triche, corruption, paris, discriminations, emprise, marchandisation.
IIILes valeurs ne sont jamais automatiques : elles doivent être protégées par l’éducation et les institutions.Antidopage, arbitrage, prévention des violences, contrôles, gouvernance, formation, signalement, sanctions.

4. Corrigé développé

I. La pratique sportive peut construire des valeurs positives très concrètes

Le sport confronte d’abord l’individu à la difficulté. Apprendre une technique, supporter un effort, recommencer après un échec ou préparer une compétition développent persévérance, patience et capacité à différer une récompense. Le dépassement évoqué par Coubertin peut donc devenir une école de maîtrise de soi.

La règle constitue une deuxième dimension fondamentale. Un match ou une course n’existe que si les participants acceptent un cadre commun. Respecter l’arbitre, les limites du terrain ou la décision officielle apprend à poursuivre un objectif sans supprimer les droits de l’adversaire.

Le sport collectif développe également coopération et solidarité. La réussite dépend de la circulation de l’information, de la confiance, de la répartition des rôles et de l’acceptation des différences de compétences. Même dans les sports individuels, l’entraîneur, les partenaires d’entraînement, les officiels et les bénévoles rappellent que la performance est rarement totalement solitaire.

Le club ou l’association sportive peut enfin devenir un espace de citoyenneté. Arbitrer, organiser une rencontre, secourir, rendre compte d’un événement ou devenir dirigeant oblige à prendre des responsabilités. Le programme des Jeunes Officiels de l’UNSS illustre cette dimension en formant des élèves comme arbitres, juges, coaches, organisateurs, reporters, secouristes ou dirigeants.

Idée clé : les valeurs sportives deviennent réelles lorsqu’elles sont vécues dans des comportements observables : respecter une règle, aider un partenaire, accepter une décision, persévérer et assumer une responsabilité.

II. Les mêmes logiques peuvent basculer dans la dérive lorsqu’elles deviennent absolues

Le dépassement de soi peut se transformer en dépassement des limites physiologiques. Lorsqu’un athlète considère que toute fatigue doit être ignorée, il peut multiplier les charges, masquer une blessure ou chercher des substances et méthodes interdites. Le dopage apparaît alors comme le détournement d’une qualité sportive - vouloir progresser - par une logique où le résultat devient supérieur à la santé et à l’équité.

La compétition peut également conduire à la triche. Simulation, manipulation du résultat, corruption, paris illicites ou fraude technique apparaissent lorsque l’enjeu financier, médiatique ou symbolique devient supérieur au respect de la règle. La compétition ne crée donc pas mécaniquement le fair-play : elle doit être encadrée.

L’appartenance à un groupe peut produire de la solidarité mais aussi une opposition excessive à l’autre : insultes, racisme, sexisme, homophobie, violence entre supporters ou pression collective. La logique « nous contre eux » devient alors une dérive de l’identité sportive.

Le pouvoir de l’entraîneur ou du dirigeant peut lui aussi dériver en emprise. Une relation de confiance et d’exigence est nécessaire à l’apprentissage ; elle devient problématique lorsque l’autorité justifie humiliations, violences physiques, violences sexistes ou sexuelles, chantage ou silence imposé.

Enfin, la marchandisation accroît les enjeux. Droits audiovisuels, contrats, sponsoring et paris financent une grande partie du sport moderne, mais peuvent créer des conflits d’intérêts, une pression sur les calendriers, une dépendance économique et une tentation de transformer le sportif en simple produit de performance.

Idée clé : la dérive apparaît souvent lorsque la performance, l’appartenance ou le pouvoir cessent d’être limités par la santé, l’éthique, la règle et la dignité des personnes.

III. Les valeurs positives doivent être construites et protégées

La première protection est éducative. Un entraîneur doit expliquer pourquoi la règle existe, valoriser le progrès et pas seulement la victoire, organiser la coopération et considérer la santé comme une limite non négociable. Dire « respect » sur une affiche ne suffit pas : le respect doit influencer la sélection, l’arbitrage et les sanctions.

La deuxième protection est institutionnelle. L’antidopage combine listes de substances interdites, contrôles, éducation et sanctions. La Liste des interdictions 2026 de l’Agence mondiale antidopage est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 : elle rappelle que l’équité et la protection de la santé passent aussi par des règles internationales actualisées.

La prévention des violences obéit à la même logique. En France, Signal-Sports reçoit les signalements de violences sexistes et sexuelles, physiques ou psychologiques. Le bilan 2025 présenté en 2026 rappelle que la protection des pratiquants exige des procédures de signalement, des enquêtes et la possibilité d’écarter des personnes dangereuses.

L’arbitrage, la transparence financière, les contrôles d’honorabilité, les règles sur les paris et les mécanismes disciplinaires limitent également les dérives. Sans institutions capables d’enquêter et de sanctionner, la valeur proclamée reste fragile.

Enfin, les sportifs eux-mêmes doivent être associés. Savoir refuser une consigne dangereuse, signaler une violence, comprendre les risques du dopage et connaître ses droits permet de réduire les situations d’emprise.

Conclusion intermédiaire : le sport ne transmet pas automatiquement des valeurs. Il offre un cadre où elles peuvent être apprises, mais aussi détournées ; leur protection dépend de la culture sportive et de règles effectivement appliquées.

5. Les dérives à connaître pour le Bac

Valeur / logique positiveDérive possibleGarde-fou
Dépassement de soiDopage, surentraînement, blessure cachéeSuivi médical, récupération, antidopage, éducation
CompétitionTriche, corruption, manipulationArbitrage, contrôle, transparence, sanctions
Autorité de l’entraîneurEmprise, humiliation, violencesFormation, contrôle d’honorabilité, signalement
AppartenanceRacisme, sexisme, homophobie, violenceRègles, prévention, modération, sanctions
InnovationAvantage technologique inéquitableRéglementation du matériel
Économie du sportConflits d’intérêts, paris, pression excessiveGouvernance, intégrité, règles financières

6. Exemple d’introduction rédigée

La citation de Pierre de Coubertin présente le sport comme une confrontation volontaire à la peur, à la fatigue et à la difficulté. Cette idée résume plusieurs valeurs traditionnellement associées à la pratique sportive : courage, persévérance et maîtrise de soi. Pourtant, l’histoire et l’actualité du sport montrent aussi du dopage, des violences, des discriminations, de la triche ou des abus de pouvoir. Comment une même activité peut-elle produire des effets aussi opposés ? Nous montrerons d’abord que le sport peut effectivement construire des valeurs individuelles et collectives, puis que la recherche de performance, de pouvoir ou de reconnaissance peut transformer ces qualités en dérives, avant d’expliquer pourquoi les valeurs sportives doivent être protégées par l’éducation, la prévention et des institutions capables de faire respecter les règles.

7. Exemple de conclusion rédigée

Le sport peut transmettre des valeurs positives parce qu’il apprend à affronter la difficulté, respecter des règles, coopérer et prendre des responsabilités. Mais ces valeurs ne sont jamais garanties par la seule pratique. Le dépassement peut devenir dopage, la compétition triche ou violence, et l’autorité emprise lorsqu’aucune limite n’est reconnue. Le véritable enjeu n’est donc pas d’affirmer que le sport est moral par nature, mais de construire des environnements où santé, respect et équité restent supérieurs au résultat. Les valeurs sportives sont moins un acquis qu’une exigence permanente d’éducation et de régulation.

8. Repère actuel

Le bilan 2025 de Signal-Sports publié en avril 2026 fait état de 2 607 signalements traités depuis 2020 et de 1 135 mesures administratives de protection. Ces chiffres montrent que la prévention des violences est désormais une dimension centrale de l’intégrité sportive, au même titre que l’antidopage ou la lutte contre la triche.

9. Erreurs à éviter

Dire « le sport transmet des valeurs » sans conditions

Le sujet exige précisément d’expliquer pourquoi les dérives peuvent apparaître dans le même univers.

Faire une simple liste de dérives

Il faut expliquer le mécanisme qui transforme une logique positive en comportement problématique.

Réduire les dérives au dopage

Violences, discriminations, emprise, triche, corruption, paris et surentraînement sont également essentiels.

Oublier les solutions

La dernière partie doit montrer comment éducation, prévention et institutions protègent les valeurs.

Deuxième partie — Sujet 1 : améliorer la condition physique de jeunes sédentaires et de seniors

En vous appuyant sur l’analyse des documents présentés, sur vos connaissances et sur votre expérience personnelle, vous présenterez et justifierez au moins deux propositions concrètes destinées à améliorer la condition physique générale pour deux publics différents : des jeunes sédentaires de 15 à 18 ans et des seniors.

1. Le dossier impose une approche globale de la condition physique

Le document 1 insiste sur l’intérêt d’une batterie de tests plutôt que d’une mesure unique. Le document 2 relie la santé à l’exercice, la force, la souplesse, le sommeil, la nutrition, les objectifs et l’absence de douleur. Le document 3 montre enfin qu’un programme d’activité physique adaptée (APA) doit être évalué par ses effets sur les capacités fonctionnelles et le risque de chute.

évaluer→choisir une priorité→programmer→réévaluer

2. Une batterie simple plutôt qu’un « test de forme » unique

DimensionJeune sédentaireSenior
EnduranceMarche/course progressive sur durée fixée, avec perception de l’effortTest de marche adapté, distance et récupération
Force des membres inférieursLevers de chaise ou squats techniquement contrôlésLevers de chaise, avec sécurité et appui disponible si nécessaire
Équilibre / coordinationParcours simple, appuis variésÉquilibre fonctionnel dans un environnement sécurisé
MobilitéMouvements contrôlés de hanches, chevilles, épaulesMobilité utile aux gestes quotidiens, sans douleur
HabitudesTemps assis, déplacements actifs, sommeilTemps assis, marche quotidienne, activités courantes et éventuelles chutes
Sécurité : les tests de terrain servent à suivre une progression, pas à poser un diagnostic. Douleur, malaise, maladie connue, chute récente ou reprise après une longue inactivité doivent conduire à adapter le programme et, si nécessaire, à demander l’avis d’un professionnel de santé ou de l’activité physique.

3. Proposition pour les jeunes sédentaires — Programme « Bouger chaque jour + 3 rendez-vous structurés »

Public : jeunes de 15 à 18 ans ayant peu d’activité et beaucoup de temps assis.

Objectif : améliorer endurance, force, mobilité et coordination sans commencer par une logique de performance ou de sélection.

Organisation quotidienne : trajets actifs lorsque cela est possible, pauses de mouvement après de longues périodes assises, escaliers, marche avec des amis et activité de loisir. Pour les 15-17 ans, les recommandations officielles indiquent au moins 60 minutes quotidiennes d’activité physique modérée à soutenue, avec des activités plus soutenues et de renforcement plusieurs fois par semaine.

Trois séances structurées : deux séances d’endurance progressive de 25 à 40 minutes selon le niveau - marche rapide, vélo, course alternée - et une séance de circuit associant jambes, tronc, tirage/poussée adaptée, coordination et mobilité.

Progression : au départ, on augmente d’abord la régularité et la durée, puis seulement l’intensité. Une échelle simple de perception de l’effort permet d’éviter que chaque séance devienne maximale.

Motivation : choix entre plusieurs activités, objectif collectif, musique ou pratique avec des amis. Chez un jeune sédentaire, la fidélisation est aussi importante que la charge d’entraînement.

Réévaluation : reprendre les mêmes tests après six à huit semaines et comparer endurance, force, aisance et temps quotidien actif.

4. Deuxième proposition pour les jeunes — « Diagnostic + objectif personnel »

Principe : chaque jeune choisit un objectif à partir du bilan : marcher ou courir plus longtemps sans essoufflement excessif, améliorer le nombre de levers de chaise, pratiquer régulièrement trois activités dans la semaine ou réduire une longue période de sédentarité.

Lien avec le document 2 : la carte mentale insiste sur le fait de se fixer des objectifs, mais aussi sur le sommeil, la nutrition, l’aide professionnelle et l’absence de douleur. L’amélioration de la condition physique doit donc s’inscrire dans une hygiène de vie cohérente plutôt que dans une logique punitive.

Effet attendu : rendre les progrès visibles et éviter les comparaisons avec les élèves les plus sportifs.

5. Proposition pour les seniors — Cycle APA « autonomie, force et équilibre »

Objectif : préserver les capacités utiles à la vie quotidienne : marcher, se relever, porter, monter une marche, changer de direction et rester stable.

Organisation : deux à trois rendez-vous hebdomadaires combinant marche ou vélo doux, renforcement des membres inférieurs et du tronc, travail d’équilibre, coordination et mobilité. Les exercices disposent de variantes avec ou sans appui.

Progression : augmenter progressivement le nombre de répétitions, la durée de marche, la qualité d’équilibre ou la complexité, mais jamais au détriment de la sécurité.

Lien avec le document 3 : le schéma « valorisation des bilans » montre précisément qu’un programme d’APA peut être suivi par l’amélioration des capacités fonctionnelles et l’évolution du risque de chute. Le bilan sert donc à adapter le programme et à rendre le progrès visible.

Lien social : une partie des séances peut être collective. La convivialité favorise l’assiduité et lutte contre l’isolement, sans empêcher l’individualisation des exercices.

6. Deuxième proposition pour les seniors — « Bouger dans la vie quotidienne »

Principe : compléter les séances par de courtes habitudes quotidiennes : marche, déplacements à pied, levers réguliers de la chaise, petits exercices d’équilibre près d’un support sécurisé et activités domestiques actives.

Justification : le ministère rappelle que plus de 80 % des personnes âgées présentent des comportements sédentaires élevés. Une séance hebdomadaire ne suffit donc pas si le reste de la semaine reste presque entièrement assis.

Suivi : calendrier simple notant les jours actifs, la durée de marche et les sensations. En cas de chute, vertige ou douleur persistante, le programme doit être réévalué.

7. Pourquoi les deux publics ne doivent pas suivre le même programme

Jeunes sédentairesSeniors
Enjeu fort de sédentarité et d’installation durable d’habitudes activesEnjeu d’autonomie, de maintien des capacités fonctionnelles et de prévention des chutes
Choix, plaisir, groupe de pairs et diversité des activités importantsSécurité, adaptation et utilité fonctionnelle particulièrement importantes
Développement général : endurance, force, os, coordinationEndurance, force, équilibre, mobilité et confiance dans les déplacements
Le progrès peut être sportif et comportementalLe progrès peut être surtout fonctionnel : se lever, marcher, monter des marches plus facilement

8. Exemple de réponse rédigée

Pour les jeunes sédentaires de 15 à 18 ans, je proposerais d’abord un programme combinant activité quotidienne et trois rendez-vous structurés par semaine. Le document 1 rappelle que la condition physique doit être mesurée par plusieurs qualités et non par un seul test. Je réaliserais donc un bilan simple d’endurance, de force des jambes, de mobilité et de coordination, puis deux séances d’endurance progressive et un circuit de renforcement. La progression serait mesurée après six à huit semaines avec les mêmes tests. Le document 2 montre aussi l’importance des objectifs, du sommeil et de l’absence de douleur : le programme viserait donc la régularité et non la performance maximale.

Pour les seniors, je proposerais un cycle d’activité physique adaptée associant marche, renforcement des jambes, équilibre et mobilité. Le document 3 montre qu’un programme d’APA peut être évalué par l’amélioration des capacités fonctionnelles et le risque de chute. Les exercices seraient donc choisis pour faciliter les gestes de la vie quotidienne et réalisés avec plusieurs niveaux de difficulté. Une courte activité quotidienne compléterait les séances afin de réduire la sédentarité.

9. Erreurs à éviter

Donner le même programme aux deux publics

Les objectifs, risques et leviers de motivation diffèrent fortement.

Utiliser un seul test

Le document 1 invite à considérer plusieurs qualités physiques.

Commencer par des séances très intenses

Chez un public sédentaire, la progressivité et l’assiduité sont prioritaires.

Oublier l’équilibre chez les seniors

Le document 3 relie explicitement APA, capacités fonctionnelles et risque de chute.

Deuxième partie — Sujet 2 : encourager l’engagement des filles dans l’univers sportif

En vous appuyant sur l’analyse des documents présentés, sur vos connaissances et sur votre expérience personnelle, vous présenterez et justifierez au moins deux propositions concrètes destinées à encourager l’engagement des filles dans l’univers sportif à différentes échelles.

1. « S’engager dans l’univers sportif » dépasse largement le fait de pratiquer

Le document 1 montre des élèves exerçant des responsabilités de jeune arbitre, jeune juge, jeune organisateur et jeune reporter. L’UNSS propose aujourd’hui encore davantage de rôles : coach, dirigeant, secouriste, écoresponsable ou interprète.

Le sujet invite donc à agir à plusieurs échelles : pratiquante → responsable dans l’AS → formation → encadrement professionnel → gouvernance sportive.

2. Les chiffres du document 2 révèlent un « plafond » dans les responsabilités

IndicateurFemmesLecture
Bénévoles dans le sport46 %Engagement associatif déjà important.
Dirigeants de structures sportives34 %La présence baisse lorsqu’on monte dans les responsabilités.
Encadrants33 %Sous-représentation dans l’encadrement.
Étudiants en STAPS32 %Le déséquilibre apparaît aussi dans la formation.
Étudiants en filière entraînement sportif20 %Écart particulièrement fort dans la voie menant à l’entraînement.

Le problème n’est donc pas seulement d’amener davantage de filles à jouer. Il faut aussi construire un continuum vers l’arbitrage, l’organisation, l’entraînement, les études, l’emploi et la direction.

3. Le document 3 montre que les freins changent au cours de la vie

ÉtapeFreins du documentLevier
Petite enfanceBiais de genre, espace scolaire genré, manque d’encouragementOffre non stéréotypée, partage équitable de l’espace, modèles féminins
AdolescenceRapport au corps, sentiment d’incompétence, pression sociale, offre limitéeGroupes débutants, choix, climat non jugeant, transport et créneaux adaptés
Vie adulteGrossesse, faible disponibilité, charges domestiques, charge mentaleHoraires souples, pratique proche, dispositifs adaptés, activité en milieu professionnel
RetraitePrise en compte tardive des bénéfices, effets de la sédentaritéReprise progressive, groupe convivial, santé et autonomie

4. Proposition 1 — Échelle établissement / UNSS : « Filles responsables, pas seulement pratiquantes »

Principe : chaque association sportive fixe un objectif de représentation des filles dans les rôles de Jeunes Officiels et met en place un parcours de découverte : arbitre/juge, organisatrice, reporter, coach, dirigeante ou écoresponsable.

Justification par le document 1 : les photos montrent que l’univers sportif scolaire comprend de nombreuses responsabilités. Occuper ces rôles développe confiance, prise de parole, connaissance du règlement et capacité de décision.

Mise en œuvre : première mission courte en binôme, formation UNSS, certification progressive, puis responsabilité réelle lors d’une rencontre. Une élève intéressée par le reportage peut commencer par couvrir un événement ; une autre par l’arbitrage ou l’organisation.

Pourquoi cibler les filles : le document 2 montre qu’elles sont proches de la parité parmi les bénévoles mais beaucoup moins présentes dans la direction et l’encadrement. Donner des responsabilités tôt peut construire de l’expérience et une identité de future actrice du mouvement sportif.

Indicateurs : part de filles dans chaque rôle, certifications obtenues, maintien l’année suivante et nombre d’élèves passant à un rôle de direction ou coaching.

5. Proposition 2 — Échelle orientation / formation : mentorat « de l’AS vers STAPS et l’encadrement »

Principe : créer pour les lycéennes intéressées un programme de découverte des métiers : rencontre avec entraîneures, éducatrices, arbitres, préparatrices physiques et dirigeantes ; observation de séances ; information sur STAPS, BPJEPS et autres formations.

Justification : le document 2 indique seulement 32 % de femmes en STAPS et 20 % dans la filière entraînement sportif. Il faut donc intervenir avant l’orientation pour combattre l’idée que l’entraînement, la préparation ou la direction seraient des univers masculins.

Mentorat : une professionnelle ou une étudiante suit un petit groupe pendant plusieurs mois, répond aux questions sur les études, les stages et les métiers et aide à trouver une première expérience.

Passerelle : valoriser dans le dossier d’orientation les responsabilités UNSS déjà exercées : arbitrage, organisation, coaching ou reportage. L’engagement scolaire devient ainsi une première expérience professionnelle.

6. Proposition 3 — Échelle club / territoire : une offre qui s’adapte aux étapes de vie

Principe : réaliser un diagnostic local par âge plutôt qu’une campagne générale « sport féminin ».

Adolescentes : créneaux débutants, possibilité de venir avec une amie, activités variées, encadrement vigilant sur les remarques liées au corps, transport ou partenariat avec l’établissement lorsque l’offre est éloignée.

Adultes : horaires multiples, séances courtes, activités sur ou près du lieu de travail, information sur la reprise après grossesse et dispositifs compatibles avec la vie familiale.

Seniors : cycles de reprise orientés santé, autonomie et convivialité, avec progressivité.

Justification documentaire : le document 3 montre précisément que les freins ne sont pas identiques à 12, 30 ou 65 ans. Une politique efficace suit le parcours de vie au lieu de proposer une solution unique.

7. Proposition 4 — Échelle gouvernance : passer de l’engagement bénévole au pouvoir de décision

Principe : dans un club ou comité, identifier les bénévoles féminines susceptibles de prendre davantage de responsabilités, proposer formation, tutorat et missions décisionnelles plutôt que de les maintenir uniquement dans des fonctions d’exécution.

Justification : l’écart entre 46 % de bénévoles et 34 % de dirigeantes du document 2 montre que l’engagement ne se transforme pas automatiquement en pouvoir de décision.

Actions : binôme avec une dirigeante expérimentée, rotation de la conduite de réunions, formation à la gestion associative, transparence des candidatures et suivi annuel de la répartition femmes-hommes dans les fonctions.

8. Exemple de réponse rédigée

À l’échelle de l’établissement, je proposerais un parcours « Filles responsables » au sein de l’UNSS. Le document 1 montre plusieurs rôles : jeune arbitre, jeune juge, jeune organisateur et jeune reporter. Les élèves pourraient découvrir ces responsabilités en binôme puis suivre une formation et obtenir une certification. Cette action est importante car le document 2 montre que les femmes représentent 46 % des bénévoles sportifs mais seulement 34 % des dirigeants et 33 % des encadrants. L’objectif serait donc de transformer très tôt la participation en expérience de responsabilité.

À l’échelle de l’orientation, je proposerais un mentorat vers les métiers du sport et les formations STAPS. Le document 2 indique que les femmes ne représentent que 32 % des étudiants en STAPS et seulement 20 % en entraînement sportif. Des rencontres régulières avec des entraîneures, éducatrices ou étudiantes permettraient de découvrir les formations et de réduire les autocensures. Les responsabilités exercées à l’UNSS serviraient de première expérience pour construire le projet d’orientation.

Enfin, à l’échelle du club, l’offre devrait être adaptée aux étapes de la vie décrites dans le document 3 : groupe débutant et climat non jugeant à l’adolescence, horaires souples pour les adultes et reprise progressive orientée santé pour les seniors.

9. Erreurs à éviter

Réduire l’engagement à la pratique

Le sujet et le document 1 invitent aussi à traiter arbitrage, organisation, encadrement et direction.

Proposer une seule action pour tous les âges

Le document 3 montre des freins très différents au cours de la vie.

Oublier les chiffres sur la formation

32 % en STAPS et 20 % en entraînement sportif montrent que l’orientation constitue un levier majeur.

Penser que le bénévolat conduit automatiquement à la direction

Le passage de 46 % de bénévoles à 34 % de dirigeantes montre au contraire un décrochage.

Grille de relecture

À vérifierOuiÀ reprendre
Ai-je expliqué comment une valeur positive peut se transformer en dérive ?
Ai-je traité dopage, violence, discrimination, triche et emprise sans simple catalogue ?
Ai-je présenté les garde-fous éducatifs et institutionnels ?
Dans le sujet condition physique, ai-je différencié réellement jeunes sédentaires et seniors ?
Ai-je prévu une évaluation initiale puis une réévaluation avec les mêmes indicateurs ?
Dans le sujet filles, ai-je utilisé les chiffres 46 %, 34 %, 33 %, 32 % et 20 % ?
Mes propositions agissent-elles à plusieurs échelles : établissement, formation, club ou gouvernance ?

Notions à maîtriser

valeurs du sportfair-playdopageviolencesdiscriminationsintégritéSignal-Sports condition physiqueenduranceforceéquilibreAPAMETsédentarité sport fémininJeunes OfficielsSTAPSencadrementgouvernanceégalité

Questions fréquentes

Le sport transmet-il naturellement des valeurs positives ?

Non. Il fournit des situations où respect, coopération ou persévérance peuvent être appris, mais les mêmes situations peuvent produire violence, triche ou exclusion si les règles et la culture du groupe ne les empêchent pas.

Faut-il utiliser les mêmes tests de condition physique pour un adolescent et un senior ?

Pas nécessairement. Les dimensions évaluées peuvent être communes, mais les protocoles, la sécurité et les objectifs doivent être adaptés au public.

Encourager l’engagement des filles signifie-t-il seulement augmenter le nombre de pratiquantes ?

Non. Le sujet invite aussi à développer arbitrage, organisation, coaching, formation, emploi et accès aux responsabilités dirigeantes.

Sources utilisées pour approfondir le corrigé

À retenir : les trois parties du sujet interrogent les conditions qui transforment une pratique sportive en expérience positive. Les valeurs ne deviennent éducatives que si des règles protègent les personnes ; la condition physique progresse lorsque le programme part d’un bilan et s’adapte au public ; l’engagement des filles augmente lorsque la pratique ouvre aussi l’accès aux responsabilités, aux formations et au pouvoir de décision.